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« Certains photographes sont de la race des chasseurs (abondamment décrite) ; Denis Brihat, quant à lui, appartient à la tribu pacifique des cueilleurs. En philosophe pratique, il a, jeune encore, décidé de cultiver son jardin. En poète de l’image, il a célébré la beauté du monde en taillant un bon nombre de blasons à la louange des nourritures délectables dont celui-ci nous comble : fleurs et fruits, légumes, arbres et quelques spécimens moins domestiques du règne végétal - qui lui a semblé résumer toutes les richesses dont la nature fait, à profusion, le bonheur des hommes.[...]
On peut parier que ses images seraient, pour beaucoup, devenues des icônes s’il n’avait - par une humilité personnelle qui est bien en rapport avec la noble simplicité des sujets qui l’occupent - lutté contre son statut d’artiste en revendiquant celui d’homme de métier. Néanmoins, son travail est une œuvre, unique, singulière, qui dit beaucoup sans le moindre discours. »
Georges Monti |